la Bretagne dans la guerre (1939-1945)

 

 

La Bretagne dans la guerre 39-45

 

 

infos prises du hors série du télégramme de 1994


Dès 1940, la Bretagne sera occupée par les allemands, si la majeure partie de la population va essayer de vivre voire survivre tout simplement certains vont aider les allemands dans leurs entreprises pendant que d'autres vont résister. Rien de plus banal que cette réaction à une occupation. La grande particularité sera l'importance donnée à Brest , Lorient et Saint Nazaire par les allemands qui y construiront des places fortes maritimes. Ce sont tous ces éléments qui seront relatés à travers les paragraphes à suivre.

 

 

 

 

La vie sous l'occupation

 

La vie rationnée

Dès le début, la vie devient difficile.

première liberté restreinte: la liberté de circulation.

Pour pouvoir se déplacer, il faut des laisser-passer (ausweis) . La zone cotière n'est accessible que pour des motifs professionnels.

La nuit le couvre feu est instauré de 23 heures à 5 heures.

Deuxième liberté : le rationnement alimentaire

désorganisation complète des circuits économiques et "rackett" des occupants vont nécessité le rationnement et l'utilisation de ticket de rationnement.

Les aliments concernés :

- pain,

- beurre,

- oeufs,

- viande,

- café,

- vin,

mais aussi :

- vêtements,

- cigarettes,

- essence...

 

Evidemment, ce sont surtout les villes qui souffriront de ce rationnement.

Une fois par semaine, les familles ont droit à une ration toujours insuffisante, ce qui favorisera le développement du marché noir.

 

Ci arès une anecdote qui traduit l'ampleur de ce rationnement:

 

le 5 août 1942, l'abbé Guillaume Sparfel de Plouider (Finistère Nord), écrit au préfet "depuis le mois de mai, on m'a supprimé mon autorisation de conduire (pour économiser l'essence). Pour exercer mon ministère j'utilise un vélo. Pourrais-je obtenir des bons pour deux chambres à air et enveloppes pour bicyclette homme, si ce n'est pas trop vous demander"

Réponse du préfet : "Désolé, mais je ne puis vous donner quatre pièces à la fois. C'est interdit pour éviter la construction clandestine de bicyclettes neuves". Le recteur a du attendre pour réparer son vélo ou avoir recours au système D qui est devenue une institution.

 

Dès son arrivée, l'armée allemande s'installe et réquisitione tout ce dont elle a besoin. Les kommandantur sont installées dans les plus beaux bâtiments publics ou les plus grandes maisons des bourgs. Pour les meubler, des ordres de réquisition sont dressées.

Ainsi à Chateaulin, le sous préfet se doit de fournir aux allemands "une dizaine de tapis, une trentaine de tables, 45 chaises, des fauteuils confortables...".

Très vite l'armée allemande met main basse sur les denrées alimentaires (aggravant encore la pénurie) ce qui pousse les agriculteurs à stocker discrètement certains produits.

 

Le mur de l'Atlantique

Pour contruire le fameux Mur de l'Atlantique destiné à repousser un débarquement allié, l'armée allemande va devenir rapidement l'un des gros employeur régional. En 1942, 17800 finistériens sont employés sur des chantiers allemands dont 9458 par l'opération Todt qui construit le Mur.

 

 

 

 

 

la répression

 

Si à son arrivée , l'armée allemande a tenté de montrer un visage "présentable", très vite pourtant la répression est devenue une réalité quotidienne. Elle touchait les résistants et leurs familles. Les condamnations à mort vont se multiplier. Les réseaux d'évasion, ainsi que les groupes de résistants sont traqués et décimés.

A coté de cela , les allemands trouvent le soutien de certains bretons collaborationnistes au travers d'organisation comme la Ligue des Volontaires Français (LVF) ou des partis nationalistes bretons.

 

 

 

Les filières d'évasions vers l'Angleterre

 

Durant toute la guerre, la Bretagne joua un rôle unique dans l'évasion vers l'Angleterre de militaires, d'aviateurs, de volontaires désirant poursuivre le combat outre-Manche... Ces traversées clandestines de la Manche sur des coques de noix, à la barbe des allemands, au péril de leur vie, son autant d'aventures extraordinaires qu'on ne peut oublier.

Récit de Roger Huguen, historien, auteur de "par les nuits plus longues"

 

 

La Bretagne bombardée.

L'arrivée des croiseurs allemands à Brest et la constructions des bases sous-marines de Lorient et Saint Nazaire vont entrainer de multiples raids de l'aviation britannique à partir de 1940.

Ainsi dès août 1940, la Bretagne va apprendre à vivre sous les bombes, et plus précisément les ports de Brest, Lorient et Saint Nazaire. En 1941, Brest enregistre plus de 200 heures d'alertes à la bombe. Début 1943, les bombardements vont s'intensifier, mais en vain. Les forteresses construites par les allemands résistent. Les U-boot allemands continuent à perturber le trafic sur l'Atlantique.

Les alliés vont alors changer de stratégie. Voyant qu'ils n'arrivent pas à leurs fins, ils décident de détruire l'environnement de ces bases. Ils espèrent ainsi parayser l'activité autour de ces bases. Ainsi Lorient vivra un enfer durant 3 nuits, à la mi-janvier 43. Un tapis de bombes et de napalm sera déposé. Résultat : 1500 morts, 800 immeubles détruits, 80 incendies seront recensés. La ville est totalement détruite, la population est partie dans les communes limitrophes et malgré cela la base est toujours debout.

Malgré ces ravages, malgré les drames, la population accepte tant bien que mal ces bombardements. Car c'est le signe que les alliés reprennent le dessus.

 

Les départs de volontaires et d'aviateurs

 

l'exemple de l'île de Sein.

Au cours de l'occupation, malgré les contraintes et les contrôles, la péninsule armoricaine ne cessa d'être le théâtre de départs de volontaires, d'agents de réseaux et à l'occasion d'aviateurs alliés tombés en parachute. C'est ainsi que l'île de Sein s'est illustrée par l'évasion retentissante de 6 bateaux chargés de 133 volontaires, soit la totalité des hommes valides de l'île, les 24 et 26 juin 1940. Ainsi entre 1940 et janvier 1941 les départs à bord de bateaux de pêches vont se multiplier, jusqu'à se que la surveillance allemande s'intensifie sur les côtes nord.

Ces évasions étaient très risquées, tout d'abord parce que les navires et avions allemands surveillaient de près la Manche, mais aussi parce que les Anglais pouvaient prendre les fugitifs pour des espions, enfin ces départs se faisaient dans des conditions climatiques limites. De nombreux navires n'arrivèrent par à bon port, soit à cause de pannes de moteurs, soit à cause d'échouages.

 

Devant ces multiples tentatives inorganisées, l'Angleterre décida de prendre les choses en main via le Room 900 du MI9. C'est ainsi que le réseau "shelburne" allait s'illustrer du côté de Plouha (Côtes du Nord).

Le MI9 avait choisi un site précis pour réaliser la liaison maritime: l'anse Cochat en Plouha. Avec la complicité de groupe de résistants, de nombreux aviateurs, officiers entre autres, purent regagner l'Angleterre via 10 opérations entre janvier et août 1944. Ceux ci venaient de la région parisienne, du Nord, du centre Bretagne et étaient conduits en train jusqu'à Saint Brieuc puis Guingamp. Ils étaient habillés en civil, munis de faux papiers et de laisser passer. Une fois à Plouha, ils étaient hébergés en attendant une nuit sans lune. Au message "bonjour tout le monde à la maison d'alphonse" ils gagnaient la falaise abrupte, évitant les patrouilles et champ de mines. Guidée par les feux de signalisation, la baleinière venait s'échouer sur la plage et embarquait sa précieuse cargaison.

 

 

L'histoire presque ordinaire d'un fait de guerre

Maurice Halna du Fretay

 

Vendredi 15 novembre 1940. Le manoir de Ranléon (Jugon les Lacs) , est plongé dans le calme. Quelques nuages bas annoncent un vent de sud.

Dans quelques minutes Maurice Halna du Fretay (20 ans) va décoller à bord de son "zlin XII), petit avion tchécoslovaque. L'appareil s'élance sur l'avenue de la propriété familiale longue de 170m, bordée d'arbres. Il s'arrache dans les tous derniers mètres. Maurice se posera à Dorcester, 2 heures plus tard. Ce fait peut paraitre anodin, si l'on ne sait pas que Maurice, trop jeune pour s'engager mais titulaire d'une licence de pilote, avait préparée cette évasion depuis octobre 1939. Il a démonté pièce par pièce son avion, bloqué à l'aérodrome de Dinan, aux mains des allemands, et remonté le tout chez ses parents. Le 18 août 1942, il sacrifiera sa vie en précipitant son appareil contre une batterie allemande.

Piste de la propriété familiale et le zlin

 

La résistance en Bretagne

 

D'autres au lieu de partir vers l'Angleterre, ont choisi de résister à l'occupant.

Le choc de la défaite

A la mi-juin 1940, la Bretagne est occupée par la Wehrmacht en 3 jours sans combat. La région qui accueille 1,2 millions de réfugiés constitue un enjeu stratégique pour le contrôle de la Manche et de l'Atlantique. Les Allemands font édifier dès 1940 des bases sous-marines à Brest, Lorient et Saint Nazaire et agrandissent les éarodromes bretons pour préparer l'invasion de l'Angleterre.

 

des actes de résistance

En 1940 et 1941, outre les départs vers l'Angleterre,des actions de résistance vont naitre un peu partout. Ceux-ci prennent la forme de lacérations d'affiches jusqu'aux sabotages (coupures de lignes téléphoniques notamment). Encore rares, ces actions reflètent un rejet précoce  de l'occupant dans les villes et sur la côte, plus marqué en pays bretonnant. Ainsi malgré un catholicisme marqué et une tradition consavatrice, le ralliement à Pétain, n'est pas allé de soi. Des manifestations anti Pétain et pro Alliée sont nombreuses durant l'année 1941.

anecdote montrant le rejet de l'occupant:

De nombreux cinémas sont fermés par l'occupant suite aux nombreux sifflets de l'assistance lors des actualités allemandes.

 

les réseaux de renseignements

De nombreux informateurs (dont l'officier de marine Philippon à Brest, l'ingénieur Tanguy à Lorient), via des réseaux de renseignements fourniront des données essentielles sur les bases sous-marines. La durée de vie de ces réseaux ne dépassent guère que quelques mois. Au bout , il y a souvent la torture, l'exécution ou la déportation.

 

la résistance communiste

Frappée par la répression en 1939-1940 à cause de son approbation du pacte germano-soviétique, le PCF est désorganisé. Le parti se réorganise fin 40 début 41, des groupes se forment à Rennes, Saint Malo et Fougères. La diffusion de la propagande communiste est importante dans les arsenaux. La répression allemande à l'égard des communistes est terrible. Cependant leur organisation va s'améliorer, et dès 42 de nombreux sabotages et attentats à la bombe vont avoir lieu.

En 1943, le STO (service de travail obligatoire) jette des milliers de jeunes dans la dissidence. Cet afflux de jeunes, permet le développement de grands mouvements de résistance (la plupart communiste). La production de journeaux clandestins permet de toucher de plus en plus de monde. Des armées secrètes sont créées. Malgré une augmentation des attentats, elles manquent d'armes.

 

En 1944, des maquis commencent à apparaitre dans le centre Bretagne, de plus les parachutages d'armes augmentent à partir de juillet.

 

 

La résistance Bretonne et la libération

 

Les alliés ne font pas confiance aux résistants pour appliquer les divers plans de sabotages prévus pour retarder l'envoi de renforts allemands en Normandie. C'est ainsi que le 5 juin 44, sont largués en 2 endroits (Duault : Côtes du Nord; Saint Marcel : Morbihan), 500 parachutistes SAS. Cependant ceux ci se rendront vite compte de l'importance et de la combativité des FFI et des FTP. Des milliers de FFI passent au camp de Saint Marcel pour s'équiper en armes. Ils sont 2400 au matin du 18 juin quand les allemands attaquent. La stratégie alliée des maquis mobilisateurs est un échec.

Cependant les parachutages d'armes continuent en juillet. Les sabotages battent leur plein. Les représailles allemandes sont également de plus en plus sanglantes.  Mais heureusement, la percée d'Avranche permet aux américains de foncer sur Brest dès début août.

 

 

Le maquis de Saint Marcel

 

la mobilisation:

"les dés sont sur le tapis" message émanant de Radio Londres le 4 juin, déclenche le plan vert (destruction des voies ferrées) et le plan violet (couper les lignes téléphoniques).

"il fait chaud à Suez" diffusé le 5 juin , déclenche le plan rouge (opérations de guérillas). Dans le Morbihan , les résistants se regroupent en masse autour de la ferme de la Nouette à Saint Marcel. Depuis mai 43, cette zoe est une DZ (dropping zone) ou zone de parachutage. 1200 hommes du 8ème bataillon FFI assurent sa protection ainsi que les 2ème  et 3ème bataillons. Au total cela fait 2300 hommes.

Saint Marcel a un rôle stratégique dans la résistance. C'est un centre mobilisateur qui a pour mission d'armer les bataillons FFI du Morbihan et de les entrainer pour les plans verts, violets et rouges.

 

le renfort des SAS

le 6 juin, le maquis de Saint Marcel est renforcé par les paras du SAS, largués sur Guéhenno et Plumelec.

Les missions du maquis sont:

- application des plans verts, rouges et violets

- organisation d'une base d'où rayonneraient les groupes de guerilla et où ils viendraient s'approvisionner et s'entrainer

- se préparer à soutenir un éventuel débarquement sur la côte morbihannaise entre Port Navalo et l'estuaire de la Vilaine.

 

les combats du 18 juin

Parachutages et mouvements de groupes de résistants n'ont pas échappé à la vigilence des Allemands qui disposent d'un poste de guet à 5 km. Les Allemands ont d'importantes troupes à Malestroit, Ploermel, Josselin et Coetquidan. Dans la nuit du 17 au 18 juin, le commandant des SAS reçoit un message qu'il n'y aurait pas de débarquement dans le Morbihan. Il décide alors de disperser les unités FFI et SAS dans le département. Mais c'est trop tard. Au matin du 18 juin, la Wehrmacht lance l'offensive.

9h : 1ère attaque avec 200 hommes (compagnie de Malestroit) est refoulée.

10h : idem

14h : les Allemands envoient tous leurs renforts.

15h30 : des chasseurs bombardiers de l'US air force et frappent pendant une heure l'armée allemande. Mais dès leur départ, c'est un nouvel assaut.

22h : l'ordre de décrochage est donné. 6 paras et une trentaine de FFI seront tués ainsi que 300 à 600 Allemands.

 

 

les conséquences

La répression allemande est terrible. La chasse aux "terroristes" va terroriser la population locale. Dès lors le choix de petites unités de maquisards sera décidé.

 

 

BREST, 43 jours d'enfer

 

  la stratégie allemande

 

Pour les allemands, le rôle stratégique de la Bretagne a évolué dans le temps. Base d'attaque contre l'Angleterre en 40-41, base stratégique pour les sous-marins en 42-43-44, la Bretagne est devenue en 44 un possible lieu de débarquement allié à protéger efficacement. Après l'offensive en Normandie, les Allemands ont transformé en forteresses imprenables, Brest et Lorient.

 

Dès 1940, les Allemands avaient fait de Brest un port d'attache pour leurs cuirassés. Mais les bombardements anglais ont eu raison d'eux. Ils s'en allèrent en 1941.

Cependant les Allemands décidèrent de les remplacer par les sous-marins "U-Boot" et construisirent d'incroyables forteresses pour les protéger. De plus, ces bases étaient protégées par l'aviation allemande "Lutwaffe" basée à Guipavas et Morlaix.

1944 : le débarquement.

Dès le débarquement connu, la priorité des priorités allemandes étaient de rejoindrele front de Normandie. Sur les 150000 hommes basés en Bretagne, 75000 vont partir à la mi-juin. Mais bombardements alliés et actions de la résistance vont gêner considérablement leur progression.

Pour les troupes qui restent, 3 missions leurs sont confiées:

- réduire le maquis et contenir la résistance.

- se protéger des risques de parachutages dans les mont d'Arrée (17000 soldats près d'Huelgoat)

- renforcer les forteresses de Brest et de Lorient: 3 raisons pour cela:

  • conserver une menace de contre offensive sur les arrières des Alliés, pressés d'en découdre à l'Est.
  • garder coûte que coûte les bases sous-marines dans l'attente de nouvelles armes plus puissantes et de nouveaux sous-marins plus redoutables.
  • éviter que les américains prennent intact un port qui puisse leur servir de base navale pour accueillir des renforts.

 

Le général Middleton, à l'assaut de la Bretagne

 

Après la percée d'Avranche , le 31 juillet 44, le général Middleton fonce vers Brest.

Objectifs :

  1. anéantir les forces allemandes stationnées en Bretagne
  2. prendre les ports de Brest et Lorient

 

Des divergences de point de vue à propos de la tactique à tenir , entre le général Patton (général en chef) , les généraux Bradley et Middleton font perdre un temps précieux aux troupes alliées.

Ces 2 derniers veulent aller prudemment vers Brest et Lorient, afin de nettoyer tous les villages, alors que Patton veut foncer sur Brest en évitant les poches de résistance. De plus le général Wood , qui a conquis Rennes, fait demi tour vers l'Est au lieu de poursuivre son objectif vers Lorient.

1 journée sera perdue dans ces tergiversations, laissant aux Allemands le temps de rejoindre Brest et Lorient.

 

Direction Brest

Le 3 août, la BBC diffuse la phrase conventionnelle qui déclenche la guérilla généralisée dans les 5 départements bretons : ce sont 30000 FFI qui s'élancent alors comme une véritable infanterie de l'armée américaine.

Middleton, pour éviter les poches de résistance de la côte Nord, va passer par le centre bretagne , libérant au passage Pontivy le 4 août, Huelgoat le 5 août et arrivant sur Brest le 6 août, où une salve d'obus l'attend. Les américains abandonnent Lorient et Saint Nazaire aux FFI, qui les libèreront le 9 mai 1945 !!!  Mais pour Brest , pas question d'abandonner. Les paras de Ramcke et les sous-marins sont trop dangereux pour les convois américains.

Le siège de Brest ne devra son salut que grâce à l'intervention d'Eisenhower qui décide d'intensifier les attaques aériennes. Brest tombera le 19 septembre après 43 jours d'enfer.

38000 soldats allemands déposeront les armes.

10000 hommes alliés seront morts ou blessés.

Sur les 50000 américains mobilisés en Bretagne durant les 6 semaines, 15000 y laisseront la vie.

 

Un siège de 43 jours

 

 

 

 

Le 7 août les américains sont aux portes de Brest. 6 semaines après, Brest n'est qu'un champ de ruines fumantes et désolées.

Les américains se retrouvent face à un camp retranché de 30000 soldats allemands (dont les 4000 paras du général Ramcke). En face Middleton n'a qu'une division blindée (la 6ème DB) et un groupement tactique (la Task Force A). Ayant obtenu du renfort, il aligne devant Brest , le 23 août, 34 troupes d'artillerie soit 650 pièces d'artillerie. Le ravitaillement se fait via l'aéroport de Morlaix et la plage de débarquement de Plestin les grèves.

Le 21 août la Task Force B essaie un assaut par le Sud (Plougastel). Les combats durent 9 jours.

La Task Force S essaie d'isoler Brest du Conquet où se trouve de nombreuses batteries d'artillerie.

Le 25 août est lancée l'attaque principale. Les 3 divisions d'infanterie se ruent sur Brest avec le soutien de l'artillerie, de l'aviation et de la marine. Malgré le pillonage de 150 forteresses volantes et plusieurs groupes de bombardiers , l'attaque sera un échec.

Début septembre, bombardements et cannonades reprennent de plus belle pendant 3 jours. L'infanterie avance mètre par mètre.

Le 8 septembreartillerie et raids aériens reprennent. Brest est en feu et le centre est complètement détruit.

Le 9 septembre, une explosion a lieu dans l'abri Sadi-Carnot : 393 français et 600 allemands mourront carbonisés.

Les 10, 11 et 12 septembre les américains sont en passe de prendre les forts de Montbarey et de Keranroux. Middleton propose à Ramcke de se rendre avec les honneurs. Il essuie un refus catérorique.

 

Le 15 septembre le fort de Monbarey est pris, ensuite tout s'accélère.

Le 18 septembre les allemands se rendent.

 

Au bilan:

 

38000 prisonniers allemands

360 tonnes de bombes tombées sur Brest.

1.750.000 coups de petit calibre

218.000  coups de gros calibre

10000 soldats américains hors de combat.

 

 

 Brest sous 4000 tonnes de bombes

 

Du fait de la base stratégique que les allemands ont fait de Brest, celle ci devait être protégée coûte que coûte. Les Allemands , aux dire du département de la guerre des Etats Unis, avaient mis en place à Brest, la meilleure défense qu'ils aient fait..

4 ceintures de forts et de bastions

Les allemands avaient utilisé les fortifications vieilles de plusieurs siècles. 50000 hommes terrés , pour la plupart, dans des casernements souterrains, étaient mobilisés à la défense de Brest. Chaque fort abritaient au moins 5 canons de 105mm et de nombreuses pièces de 75mm et 88mm, à l'abri de 2.50m de béton. Ces ensembles étaient complétés par une foule de canons anti-chars. A l'extérieur des remparts ,avait en outre été équipé d'un fossé anti-chars doté de pièces de 75 et de 88 et une ceinture de canons anti-aériens de 40mm, toutes des armes embusquées sous des cuirasses de béton.

 

5 années de raids aériens

La 1ère alerte remonte au 16 novembre 1939.

Les attaques britanniques ont débuté dès 1940.

En 1941, il y a eu 200 heures d'alertes. L'explication venait de la présence de croiseurs allemands "Scharnhorst" et "Gneisnau" à Brest. Ces derniers étaient des dangers pour la sécurité des convois britanniques dans l'Atlantique. 16 bâtiments anglais avaient été coulé en ce début d'année 1941. Cependant beaucoup de civils furent tués par les bombes anglaises. Cette année là, beaucoup de brestois quittèrent la ville.

C'est ainsi que de 39 à 44:

  • 4000 tonnes de bombes sont tombées sur Brest
  • 965 civils furent tués, sans comptés ceux de Sadi-carnot, ceux qui ont été fusillés ou déportés.
  • 4875 immeubles anéantis
  • 5103 autres immeubles gravement endommagés 

 

 

Sous les obus, la vie

 

Faits relatés d'un journal d'un habitant d'un quartier de Brest :

7 août 1944, les américains commencent le siège de Brest. Pendant 5 semaines , la population va vivre sous un déluge ininterrompu d'obus et assister quasi impuissante à la destruction de la ville. Beaucoup ont du partir , certains sont restés jusqu'au bout.

Les premiers jours d'août, la population avait le choix de partir ou de rester. Beaucoup ne croyaient pas que les américains étaient à leurs portes.

Au fur et à mesure , il devenait de plus en plus difficile de trouver un chemin pour partir, car trop dangereux ou barré.

Le 9 août des tracts sont jetés par des avions pour inciter les allemands à se rendre. Les commerces sont pris d'assaut par ceux qui sont restés.

Les gens comprennent que les américains sont proches, car le canon gronde de plus en plus, les obus pleuvent.

Le 14 août, nouvel appel à la population pour l'inciter à fuir. Beaucoup hésitent car les maisons vides sont pillées, et les bêtes sont laissées à l'abandon. Finalement, l'auteur va quitter Brest pour rejoindre saint Renan , puis la côte à Tréompan ,à 20 km de là.

Le 19 septembre, c'est le retour. Leur maison est intacte, par contre beaucoup de maisons autour sont détruites, ainsi que l'église de Lambézellec.

 

 

La défense passive

 

La défense passive était composée de Brestois requis par la Préfecture de Quimper pour porter assistance aux personnes en péril durant les bombardements, il s'agissait notamment de personnel médical, mais aussi de manoeuvres pour le déblaiement.

"sitôt l'alerte terminée, et parfois même avant, on courait vers les immeubles éventrés. La recherche de victimes sous les ruines se faisait à la main. Les grands blessés étaient évacués vers l'hôpital maritime" , raconte melle Galand.

La défense passive gérait de nombreux abris souterrains dans Brest. Ceux ci étaient situés entre 6 et 18m de profondeur. A Brest les membres de la défense passive ont payé un lourd tribu à leur dévouement, puisque 63 d'entre eux sont morts.

Durant le siège, le ravitaillement n'arrivait plus. Les habitants prélevaient la viande sur les chevaux morts. De plus les membres de la défense passive devaient éviter les allemands qui pensaient qu'ils informaient les alliés. Les docteurs allaient d'abri en abri, visiter les blessés, en évitant obus et bombes. Melle Galand raconte que chaque jour il fallait faire la corvée d'eau. "Nous allions chercher l'eau à la fontaine de Kerjean. Mais la lessiveuse était quasiment vide à notre arrivée à force de nous jeter à plat ventre pour nous protéger des bombardements. Nous sommes restés une fois, 4 heures à terre sans pouvoir bouger dans les Glacis, à l'emplacement de l'actuel place de la Liberté, lors du déferlement des avions anglais au début du mois de septembre. On en compta plus de 3.000 en une seule après midi."

 

Lorsque le 17 septembre, les américains arrivent, ils trouvent melle Galand et les docteurs Lucas et Romé dans une cave de la rue Anatole France. Ils n'en revenaient pas que des civils vivaient encore au milieu de toutes ces ruines.


Commentaires (9)

1. yann goaoc 04/08/2011

Ce site est des plus intéressants. Mes recherches sont orientées vers le canton de Saint-Pol mais je ne peux occulter l'aérodrome de Morlaix ni Brest, la nécessité de libérer vite la ville ayant peser très lourd dans les événements tragiques des 4 et 8 août 1944 dans le Nord Finistère.
Un témoin qui avait été à Guiclan voir passer les Américains (comme beaucoup de gens) avait été surpris de voir les premiers soldats noirs). Il semble qu'ils étaient en avant garde, qu'ils avançaient fièrement (comme un défilé ce jour-là) mais qu'ils aient été décimés devant le Conquet (le fait qu'il y ait eu de nombreuses batteries là-bas expliquerait l'importance d'y aller.
Concernant l'aérodrome de Morlaix, je ne savais pas que les Américains l'avait utilisé par contre Plestin + les ports de Roscoff et Morlaix oui.
D'après le livre La Bretagne à l'Epreuve (pages 361 à 363), l'aérodrome de Lannion a été abandonné le 1 er avril 44, celui de PlOUJEAN LE 1ER juillet 44 et celui de Guipavas le 15 juillet 44.

Au Crbc à Brest, le livre "Le Ciel et l'Enfer" indiquerait que l'écrivain aurait abattu au moins un avion dé chasse décollant de Ploujean. Pour attaquer, l'aérodrome, l'Ile de Batz puis le clocher du Kreisker servaient de repaire pour rejoindre la rivière de Morlaix et rester le plus longtemps possible sous les radars terrestres allemands;

2. Dahiot (site web) 20/08/2011

Bonjour,

Le contenu de cette phrase est faux.
22h : l'ordre de décrochage est donné. 6 paras et une trentaine de FFI seront tués ainsi que 300 à 600 Allemands.

Une quinzaine de soldats vont trouver la mort tout au plus.

Le terrain A.51 Morlaix, ne fut pas utilisé par la 9TH Air Force en Bretagne, mais mis en prévision, sans doute par la troupe.

3. Boby 15/11/2011

Bonjour, je voudrai savoir quelques armes étaient utilisés par la résistance en bretagne.
Merci d'avance.

4. Durris 15/01/2012

C'est très bien comme information !! je vous aimes a+ <3<3<3<3<3<<3

5. Fouquet Loic (site web) 19/05/2012

Est il possible de savoir quel était les unité Allemandes qui occupais l’Ille-& -Villaine, tout particulièrement la ville de Fougères
merci

6. histoirefrance (site web) 20/05/2012

désolé, mais je n'ai les informations que pour les départements du 29, 22 et 56. Cependant la 7ème armée commandait toute la Bretagne à partir de son QG du Mans. Il semblerait que la 5ème division de parachutistes se trouvait non loin de Fougères. En Ille et Vilaine étaient présentes la 353, 77 et 275 ème division d'assaut (infanterie) et la 3ème division de para en plus de la 5ème.

7. lecoanet 13/10/2012

bonjour, j'aimerai savoir si quelqu'un peut me renseigner sur les douze civil, fussillés, sur la plage de théven kerbrat, 29, commune de Cléder, en Août 1943, leurs noms? Merci. J'ai moi même de la famille qui à habité à roguennic à cette époque.

8. Morin 01/03/2013

1e mars 2013
Bonjour
Ancien correspondant de presse , j'ai vu des articles concernant
un parachutage de S.A.S. en 1943 ? 1944 ? qui devaient attaquer
la Base de Lorient et qui fut annulé au dernier moment .
Ne trouvant plus ces articles pouvez-vous me rappeler la date ?
Merci .

9. histoirefrance (site web) 01/03/2013

désolé je n'ai pas cette information.

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